Revue de presse de toutes les informations militaires française ...OTAN...vie des réservistes...vidéos des engagements en opérations extérieures...recrutement...
Décédé le 17 mai, Pierre Marion avait été nommé à la tête du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) par le président François Mitterrand en 1981. Cet homme de caractère ne possédait aucune expérience du renseignement lors de sa nomination, hormis celle, bien modeste, d'occasionnel "honorable correspondant" du service. Alors même qu'il devait succéder à un recordman de longévité : le comte Alexandre de Marenches, nommé en 1969 par Georges Pompidou, et qui occupait encore la place en 1981.
Né en 1921, Pierre Marion était originaire de Marseille où son père possédait une grosse entreprise de travaux publics. Brillant élève, il entre à 18 ans à l'école polytechnique (X-39 ) d'où il sort en 1942 pour être embauché par Air France, où il effectuera la plus grande partie de sa carrière, notamment en Asie. En 1971, il quitte le transporteur pour devenir délégué général de la société Aérospatiale (Société nationale industrielle aérospatiale-SNIAS) pour l'Amérique du Nord. Il y restera dix ans. Alexandre de Marenches ayant refusé de rester en poste au SDECE comme le lui avait proposé François Mitterrand, Pierre Marion est sollicité par son ami le ministre de la Défense Charles Hernu. Les deux hommes partagent une adhésion à la franc-maçonnerie, mais Marion n'est pas un militant socialiste. Il est nommé le 17 juin 1981 à la tête du SDECE. Lire la suite de l'article..... http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-05-25/disparition-deces-de-pierre-marion-premier-directeur-de-la-dgse/1648/0/458601
Toute la journée d'hier, le 3e régiment du Génie de Charleville-Mézières a continué à se préparer, dans la gravité, à la cérémonie solennelle qui se déroulera, sur le site même du quartier Dubermion - probablement après un office religieux - pour rendre les honneurs à la dépouille du capitaine Christophe Barek-Deligny, tombé samedi au camp d'honneur, victime d'une mine sauvage en Afghanistan et qui devrait être rapatrié ce mercredi. En fait, il ne faut plus parler du « capitaine » Barek-Deligny, puisque le brillant officier a été promu, immédiatement, hélas à titre posthume, chef de bataillon, c'est-à-dire « commandant ». Ce sera vendredi à 11 heures Un grade auquel il aurait probablement de toute façon très vite accédé, eu égard à la qualité de ses états de service et de son comportement exemplaire. Le protocole des funérailles n'est pas encore arrêté. Ce qui est sûr, c'est que le public ne sera pas autorisé à pénétrer dans l'enceinte militaire, mais qu'il y aura, en revanche, de nombreuses personnalités, au premier rang desquelles le ministre de la Défense, Hervé Morin, qui représentera le Président de la République. Sous réserve que celui-ci, parfois imprévisible, ne décide de venir lui aussi saluer ce soldat qui a payé de sa vie l'engagement déterminé de la France, au service de la paix et de la sécurité du peuple afghan, mission à laquelle Nicolas Sarkozy est particulièrement attaché. On sera fixé vendredi, sur cette présence, ou non du chef de l'Etat, puisque c'est ce jour-là, à onze heures, qu'aura lieu la cérémonie. http://www.lunion.presse.fr/article/region/honneurs-militaires-vendredi-pour-christophe-barek-deligny
Nîmes et Carcassonne feront partie au 1er janvier 2011 des 51 villes qui accueilleront une base de défense de métropole, l’une des conséquences de la nouvelle organisation territoriale mise en place par le ministère de la défense. Dans une lettre datée du 21 mai que Midi Libre s’est procurée, le ministre de la Défense lui-même Hervé Morin annonce la nouvelle au député du Gard Yvan Lachaud. Ce dernier, qui appartient au même parti Nouveau centre du ministre de tutelle, a semble-t-il fait jouer ses réseaux dans un contexte de départ programmé d’ici mi-2011 de 1 100 militaires de la base aéronavale de Garons.
Disparition plus ou moins compensée par l’arrivée de 880 personnes appartenant au 503e régiment du train. « La base de défense entre dans le cadre d’une organisation
administrative. Au final, même avec le départ de la Ban, on ne perd pas grand monde », avoue Yvan Lachaud qui se « félicite de l’annonce faite par le ministre. Une grande base de défense sera bien créée dans notre ville, englobant les villes de Nîmes-Garons, Orange et Laudun. Le commandement de cette base de défense, qui sera confié à un colonel de l’armée de Terre, sera localisé à Nîmes. (…) Sur un effectif total de plus de 6 500 personnes, Nîmes sera le barycentre de cette base de défense avec 3 500 personnes. L’installation d’une base de défense confirme la bonne place de Nîmes dans l’organisation de la défense de France. »
Concrètement, cette base de défense, qui s’installera dans les locaux actuels de la Ban, est avant tout une mesure d’organisation administrative qui permet, selon le ministre, « de confier la responsabilité de l’administration générale et du soutien commun de l’ensemble des entités du ministère de la Défense à un chef unique sur un ressort géographique donné. » Précision importante : cette carte de base de défense n’aura pas d’impact sur les restructurations annoncées déjà en 2008.
A Nîmes, la base de défense regroupera en fait les diverses unités déjà stationnées : le 2e régiment étranger d’infanterie (plus de 1 200 personnes), le Groupement de soutien de la base de défense (350 personnes), le 4e régiment du matériel (plus de 300), le centre de formation initiale des militaires (300), l’état-major de la 6e brigade légère blindée (200) et nouveautés : le 503e régiment du train (lire plus haut) ainsi que le groupement de soutien de la base de défense (350 personnes). L’une des plus grandes villes garnisons de France confirme bien qu’elle est un site clé du dispositif de défense français.
Carcassonne, base pour l’Aude et les P-O
Le dimanche 28 février dernier, à Carcassonne, lors d’une banale assemblée générale de l’Association nationale des officiers de carrière en retraite, le colonel Jean-Pierre Perrin, chef de corps du 3e RPIMa, avait soulevé une partie du voile concernant la restructuration du service des armées qui doit intervenir au 1er janvier 2011 « où tout sera "embasé" ». Comprendre sous ce terme la création de futures « bases de défenses ».
Ce jour-là, les officiers en retraite apprenaient, même si le conditionnel était employé, que Carcassonne avait été choisie pour devenir ce que la réforme appelle « une base de défense pour l’Aude et les P-O », sur les 63 bases qui seraient créées en France. Cette restructuration avait été annoncée fin février comme « une inter-armisation poussée dans le domaine du soutien ». Le but recherché étant « une harmonisation et une optimisation des moyens en les mutualisant ».
Hier soir, nous avons joint le député-maire de Carcassonne, Jean-Claude Perez, afin de savoir s’il avait été informé par le ministre de la Défense de la création de cette base avantageant Carcassonne. Celui-ci a précisé « n’avoir reçu aucune information »…
En effet, cela devrait se traduire par le rapatriement sur la préfecture audoise « des services administratifs et financiers » du Sémaphore de Leucate, de la station radar de Narbonne-Plage, des services du 4e RE de Castelnaudary et Bram, mais aussi, pour les Pyrénées-Orientales, des services des commandos de Collioure-Mont-Louis et des services de la garnison de Perpignan.
La force de l'ONU au Tchad et en Centrafrique (Minurcat) pliera bagages avant fin décembre conformément à la volonté du gouvernement tchadien, mais au grand dam des ONG et de certains pays membres qui s'inquiètent du sort des civils qu'elle était chargée de protéger.
Le Conseil de sécurité a adopté mardi à l'unanimité la résolution 1923 qui organise le retrait en deux temps de la Minurcat, d'ici au 31 décembre.
Selon le schéma approuvé, la composante militaire de la Minurcat, qui compte actuellement 3.300 soldats, sera réduite à 2.200 hommes -- 1.900 au Tchad et 300 en République centrafricaine (RCA) -- d'ici au 15 juillet.
A partir du 15 octobre, les forces restantes, ainsi que la composante civile de la mission -- environ un millier de personnes -- seront progressivement retirées jusqu'au 31 décembre.
En conséquence, le Conseil a renouvelé le mandat de la Minurcat jusqu'à la fin de l'année, tout en lui retirant la responsabilité de la protection des civils, tâche que le gouvernement tchadien veut se réapproprier.
La résolution note que N'Djamena "est déterminé à assumer l'entière responsabilité de la sécurité et de la protection de la population civile dans l'est du Tchad, y compris les réfugiés, les déplacés, les rapatriés et les communautés d'accueil, en accordant une attention particulière aux femmes et aux enfants, ainsi qu'aux personnels et aux biens des Nations unies et des organismes humanitaires".
Dans ce but, le Conseil fixe au gouvernement tchadien des critères à respecter au regard du droit international humanitaire.
Parmi ceux-ci, il énonce notamment "le retour et la réinstallation volontaires, dans des conditions sûres et durables, des personnes déplacées" et "la démilitarisation des camps de réfugiés et de déplacés".
Le Conseil charge le gouvernement tchadien et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de créer un groupe de travail mixte "qui évaluera chaque mois la situation sur le terrain" en matière de protection des civils et "la mesure dans laquelle le DIS (Détachement intégré de sécurité tchadien, ndlr) est capable de faire régner la sécurité".
La décision du Conseil découle d'un accord conclu le 23 avril à N'Djamena entre le Tchad et la Minurcat, à l'issue de négociations ardues. Le président tchadien Idriss Déby Itno s'opposait au renouvellement du mandat de la mission, qu'il considère comme un échec.
La Minurcat a été créée en 2007 pour assurer la sécurité des réfugiés et déplacés dans l'est du Tchad et en Centrafrique -- dont beaucoup de réfugiés du Darfour, province du Soudan voisin où sévit la guerre civile --, favoriser le retour volontaire des réfugiés et faciliter l'aide humanitaire.
Elle avait pris, en mars 2009, le relais d'une Force de l'Union européenne, l'Eufor. Cependant, elle ne s'est jamais entièrement déployée (ses effectifs autorisés sont de 5.200 militaires, dont 4.900 au Tchad, et 300 policiers).
La position du président Déby s'explique en partie par l'amélioration des relations entre son pays et le Soudan. Après des années de tensions, ils se sont engagés à cesser tout soutien à leurs mouvements rebelles respectifs et ont prévu le déploiement d'une force mixte à leur frontière.
Plusieurs agences de l'ONU et des ONG ont averti que le retrait de la mission pourrait provoquer un vide sécuritaire dans l'est du Tchad où les attaques contre les travailleurs humanitaires sont fréquentes.
Les obsèques du 42e soldat français tué en Afghanistan seront célébrées dans les prochains jours. « Capitaine courage », il était réputé pour son sens du commandement et du service à autrui.
La mention tient en quelques lignes dans une biographie longue de deux pages. Le capitaine Christophe Barek-Deligny, « tué au combat » en Afghanistan le 22 mai, s’était vu décerner « la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement ainsi qu’un Témoignage de satisfaction du ministre de la Défense ». Motif, ce guerrier et meneur d’hommes s’était, un jour de 2005, jeté dans la Meuse. Il avait ainsi sauvé un désespéré de la noyade qui tentait de mettre fin à ses jours. L’acte, héroïque, est loin d’être anecdotique. Il résume en tout cas une certaine conception que se font les militaires de leur mission, ou plus simplement de leur métier : servir et aider la population.
« Volontaire » pour servir Comme nombre des 42 militaires français tombés dans le pays depuis 2001, le capitaine Barek-Deligny a été victime d’un « engin explosif improvisé », une « spécialité locale » que les insurgés disposent le long des routes. Lors de cette explosion, un soldat néerlandais ainsi qu’un interprète afghan ont également perdu la vie.
Le capitaine, membre du 3e régiment du génie basé à Charleville-Mézières (Ardennes), s’était porté volontaire pour servir au sein d’un détachement d’OMLT. Cet acronyme angliciste – l’armée tricolore ayant renoncé à parler français depuis belle lurette – désigne les « Operational Mentor and Liaison Team », en clair, les soldats destinés à former l’armée nationale afghane. Depuis fin avril, le capitaine Barek-Deligny accompagnait donc, comme ses 70 camarades OMLT, un bataillon afghan dans la région d’Oruzgan, au centre du pays.
Le nerf de la guerre Actuellement, sur 3.750 militaires déployés en Afghanistan, la France aligne quelque 142 OMLT. « Le nerf de la guerre », ne cesse-t-on de marteler au ministère de la Défense, l’issue du conflit passant par la capacité des Afghans à prendre en charge leur propre sécurité, à terme, et sous l’égide d’un gouvernement reconnu, débarrassé de la corruption, etc. C’est dire si l’enjeu est d’importance.
Alors que les Etats-Unis réclamaient l’envoi de nouveaux renforts, la France n’a concédé, voilà quelques semaines, « que » 80 OMLT supplémentaires. Et encore, sous le vocable de « soldats non combattants ». A charge pour l’opinion publique, de plus en plus rétive face à cet engagement militaire, de comprendre que ces hommes ne sont pas là pour faire la guerre, ni défourailler à tout va. Mais les précautions oratoires n’évitent pas le danger. Le capitaine Christophe Barek-Deligny, après avoir servi notamment au Kosovo et en Côte d’Ivoire, a perdu la vie en Afghanistan. Ce « soldat non combattant » était âgé de 38 ans, marié et père de deux jeunes enfants.
Six mines allemandes datant de la Seconde guerre mondiale ont été repérées détruites au cours d'une opération de déminage de l'OTAN au large de la Seine-Maritime et de la Somme, a annoncé aujourd'hui la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord à Cherbourg.
Ces six mines de type "Luftmine B" (LMB) qui ont été neutralisées en mer représentaient plus de cinq tonnes d'explosifs. Larguées par avion, elles étaient conçues pour couler des navires de fort tonnage, selon la préfecture maritime. Une dizaine de navires de guerre de l'OTAN auxquels étaient associés les chasseurs de mines français Eridan et Céphée ont participé à cette opération qui s'est achevée dimanche après une semaine de patrouille.
Au total, 674 marins de neuf nationalités différentes (polonaise, belge, britannique, allemande, italienne, espagnole, grecque, turque et française), ont été mobilisés pour cette mission. La dernière de ce genre en Manche s'était déroulée en 2008 et avait permis de localiser et de détruire une quinzaine d'engins datant de la Seconde guerre mondiale et représentant une puissance de huit tonnes d'explosifs.
La brigade d’artillerie a mené sa campagne de tir en manœuvre sur le centre des essais missiles de Biscarosse (Landes). Au cours de cette campagne, 57 missiles Mistral, 8 missiles HAWK et 2 missiles Crotales ont été tirés. L’exercice Nawas 2010 avait pour objectif principal d’accroître l’interopérabilité des moyens sol-air de l’armée de Terre, de l’armée de l’air et de la Marine nationale.
Dans un environnement opérationnel réaliste et avec la participation d’artilleurs sol-air de l’armée belge, cet exercice a combiné des manœuvres et des tirs réels coordonnés grâce à la chaîne Martha. Le 402e Régiment d’Artillerie de Châlons-en-Champagne est doté du système Martha (Maillage des Radars Tactiques pour la lutte contre les Hélicoptères et les Aéronefs à voilure fixe) qui est le système de coordination dans la troisième dimension permettant de garantir la meilleure couverture sol air au dessus d’une zone d’engagement.
L’objectif de Martha est de coordonner les actions de l’ensemble des intervenants de l’armée de Terre dans la 3e dimension (hélicoptères, drones, artillerie sol-sol). Son rôle est d’accroître l’efficacité de l’artillerie sol-air (coordination des feux) en liaison avec l’armée de l’air et de raccourcir le plus possible les délais de transmission entre les moyens de détection, de coordination et les moyens de tir.
« C'était mon 8e départ mais on découvre encore sous un autre jour son corps, ses réactions aussi ». Alors qu'un 42e soldat français a été tué samedi en Afghanistan, le caporal-chef Jacky Belin, revient de six mois là-bas, d'octobre 2009 à avril 2010, et témoigne.
Il réalisait des liaisons avec l'hôpital militaire de Kaboul et était en soutien des convois. Il avoue sans honte que, même s'il n'a jamais été la cible de tirs, « la peur et le stress sont nos meilleurs amis là-bas et en plus je sortais tout le temps ». Car sur ce « théâtre des opérations », comme jargonnent les militaires, l'ennemi peut être partout. « Ce peut être une voiture, quelqu'un sur un âne, un caillou… ». Mais comme ses compagnons, l'Afghanistan il l'a choisi. « Quand on s'engage, c'est pour partir ». Comme ses compagnons encore, il a dû vivre loin de sa famille. De ses enfants surtout car sa femme, infirmière dans l'armée était elle aussi en Afghanistan pendant deux mois. « On a pu passer le réveillon ensemble le 24 décembre. » Pour voir leurs enfants restés chez les grands-parents, c'est internet et Skype qui deviennent alors leurs meilleurs amis. « Ils ont pu nous voir tous les deux, ça fait du bien. » Les familles, point sensible des militaires. Le caporal-chef Viemon en témoigne. « C'est presque plus dur pour elles que pour nous. On était basé à l'aéroport de Kaboul, à l'extérieur de la ville. Quand les médias annonçaient des morts ou des incidents sur la ville nos familles s'inquiétaient parce qu'elles ne connaissent pas bien la zone. Il faut les rassurer. » Internet vient à la rescousse encore une fois. « Nous avions la chance par rapport à des postes avancés d'être sur une base de l'Otan, donc côté communication, on était privilégié, sans aucune restriction. On dit pas mal de choses par courrier, mais Internet nous permet de recréer une proximité et une intimité », avoue-t-il. Avec l'adjudant-chef Philippard et le caporal Larcher, ils étaient basés à l'hôpital militaire et n'en sont pas sortis de six mois. Ils ont réceptionné des blessés de guerres, essentiellement militaires, et travaillé dans des équipes médicales multilingues. « On a eu pas mal de boulot. Nous avions trois équipes qui se relayaient tous les jours? » La barrière de la langue ? « On est dans l'action, dans le réel, explique l'adjudant-chef Philippard. La barrière de la langue saute vite, il faut agir. »
Si leur mission première est d'assurer un soutien médical aux forces françaises, et alliées si besoin, les militaires ont aussi porté secours aux civils afghans. Pour des blessures de guerre ou des accidents de la route. « Sur 26 lits à l'hôpital militaire, nous en gardions une dizaine pour les civils », explique l'adjudant-chef Philippard. Une aide d'urgence, mais également une manière de gagner les cœurs de la population : « Les soins pour les civils sont évidemment gratuits, témoigne le caporal-chef Viemon. Dans les hôpitaux de Kaboul, c'est payant. Les gens étaient reconnaissants. Certains nous ont même apporté des présents pour nous remercier. » Le Progrès
Un soldat de l'Otan a été tué aujourd'hui dans l'explosion d'une mine artisanale dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé l'Otan. Le soldat, dont la nationalité n'a pas été dévoilée, a sauté sur une bombe artisanale, l'arme de prédilection des talibans.
Selon un bilan établi par l'AFP à partir du site internet indépendant icasualties.org, 215 soldats étrangers ont trouvé la mort en Afghanistan en 2010, après une année 2009 de très loin la plus meurtrière pour les forces internationales en huit années de conflit, avec 520 morts.
Le nombre des soldats étrangers doit passer cet été de quelque 130.000 à environ 150.000, à plus des deux tiers américains. En moyenne, depuis l'été 2009, un à deux soldats de l'Otan meurent chaque jour en Afghanistan. Le Figaro
Grand reporter au Washington Post, David Finkel publie les chroniques qu'il a tiré, huit mois durant, du quotidien d'un bataillon de l'armée américaine dans la banlieue de Bagdad. Après avoir répondu aux internautes dans un chat, le lauréat du prix Pulitzer 2006 nous raconte comment est né " De bons petits soldats ".
Comment vous est venue l'idée d'écrire "De bons petits soldats"?
J'ai grandi en lisant d'autres versions de ce livre, sur la guerre du Vietnam tout particulièrement. Je me prédestinais à devenir journaliste, et les témoignages qui en ont été tirés me paraissaient essentiels. En 2007, pleins de livres avaient déjà été écrits sur l'Irak. Je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas un manque d'information, mais un manque d'intérêt pour le sujet. Je n'apporte d'ailleurs aucun nouvel élément: la guerre est une chose horrible, elle fait faire des choses terribles aux gens. Mais je voulais le voir par moi-même, prendre le temps nécessaire, alors que personne ne racontait vraiment quel effet cela faisait d'être un soldat, à ce moment et à cet endroit précis.
Pourquoi l'Irak et pas l'Afghanistan?
En 2007, avec le "surge" - la montée en puissance et le renvoi de troupes - décidée par le président Bush, la guerre semblait plus tragique que jamais. En tant qu'écrivain, cela me paraissait être un moment intéressant pour aborder le sujet. J'avais déjà couvert des zones de conflits auparavant, au Kosovo et en Afghanistan. Mais l'Irak était la guerre du moment. Elle était différente des autres, et elle m'aura beaucoup plus marqué.
Comment ?
Peut-être suis-je resté suffisamment longtemps pour avoir un bon aperçu de ce qu'est réellement la guerre. Les hommes étaient stationnés à Rustamiyah, et j'ai partagé leur quotidien pendant huit mois. La base n'était pas dans le pire endroit en Irak, mais ce n'était pas le meilleur non plus.
Après le calme du début, la manière dont la situation a progressivement empiré m'a fait comprendre à quel point la guerre pouvait être terrifiante. J'ai compris assez pour en avoir peur, et me dire que je ne retenterai pas l'expérience. Certains journalistes aiment couvrir les conflits. Pour ma part, j'en ai fini avec le reportage de guerre.
Quel a été l'accueil des hommes du 2-16, le bataillon d'infanterie que vous avez suivi ?
J'avais passé un accord avec le lieutenant-colonel Kauzlarich: j'étais là pour écrire sur les hommes uniquement, car je ne cherchais pas à écrire une analyse politique. En conséquence de quoi je n'ai eu aucune restriction de mouvement, ou d'accès aux hommes. La plupart ne me faisaient pas confiance au début. Les soldats avaient 19 ans en moyenne, et moi un peu plus de 50 ans: j'aurais pu être leur père. Aussi, ils n'avaient que des idées préconçues sur le métier de journaliste, et pensaient que j'écrirai qu'ils étaient des criminels de guerre en puissance.
C'est parce que je suis resté si longtemps avec eux, et que j'étais présent quand tout allait mal, que je suis devenu crédible à leurs yeux. Surtout, je n'ai jamais prétendu connaître leur quotidien: je voulais juste apprendre. Je crois cependant que ce n'est qu'après la parution du livre, qu'ils ont compris ce que je faisais.
Avez-vous revu ces soldats depuis ?
Je suis resté en contact avec certains. J'ai reçu des centaines de courriels, de la part des soldats du 2-16 et d'autres bataillons. Dans la plupart des cas, ces hommes me disent qu'ils ne veulent pas, ou ne peuvent pas parler de ce qui s'est passé en Irak. Mais ils me remercient, parce que dorénavant, ils pourront conseiller mon livre à ceux qui veulent savoir.
Les soldats américains rentrés d'Irak reçoivent-ils le soutien psychologique nécessaire ?
Non, clairement. Des efforts sont faits, mais souvent, on ne décide de voir que le plus évident. On sait quand un homme a perdu une jambe ou un bras sur le champ de bataille, mais comment savoir quand il a perdu la raison?
Dans le livre, je raconte l'histoire de ce soldat qui a dû porter sur son dos un camarade gravement blessé après une embuscade. Le corps était placé sur ses épaules de telle manière qu'il s'est retrouvé à boire le sang qui coulait de sa tête. Trois ans plus tard, le goût du sang de cet ami n'a pas quitté sa bouche. C'était l'un des meilleurs soldats du bataillon, et bien qu'il n'ait aucune séquelle physique, il est aujourd'hui un homme détruit. L'express
En 2005, le capitaine Barek-Deligny s'était vu décerner la médaille de bronze, pour acte de courage et dévouement, ainsi qu'un témoignage de satisfaction du ministre de la Défense, pour avoir sauvé un désespéré de la noyade dans la Meuse, à Charleville-Mézières. Il était également décoré de la médaille d'outre - mer (agrafe république de Côte d'Ivoire), de la médaille d'argent de la Défense nationale (agrafe génie - missions d'assistance extérieure), de la médaille commémorative française (agrafe ex-Yougoslavie), de la médaille de reconnaissance de la Nation, ainsi que de la médaille OTAN/non article 5 (Balkans). Le 17 juillet 2008, de retour du Kosovo, le capitaine Barek-Deligny avait pris le commandement de la 22e compagnie d'appui du 3e RG. Entreprenant et dynamique, officier à l'esprit curieux et ouvert, il y avait alors fait preuve d'un sens développé de l'intérêt général. D'une disponibilité sans faille et d'un comportement exemplaire, il commandait sa compagnie avec rigueur et un très grand professionnalisme. Sportif confirmé et meneur d'hommes, il était un commandant d'unité montrant un goût avéré pour l'action et l'effort. Dynamique, il avait contribué activement au bon fonctionnement du régiment. Fin avril dernier, il avait donc rejoint l'Afghanistan, où il servait en tant que chef de détachement liaison de reconnaissance au sein de l'OMLT (operational mentoring an liaison team), dans la région d'Oruzgan, placée sous commandement néerlandais, soixante-dix militaires français (dont lui jusqu'à samedi) y accompagnant quotidiennement un bataillon afghan. Une mine sauvage l'aura empêché de s'acquitter, jusqu'au bout, de sa tâche. Et il est ainsi tombé, au champ d'honneur, comme il y a bientôt deux ans, l'adjudant Nicolas Rey, dans des conditions analogues…
Le concert permettra à la Commission caritative et médicale internationale de poursuivre ses aides humanitaires.
Apolitique et non confessionnelle, la Commission caritative et médicale internationale (CMCI) intervient depuis 25 ans pour soutenir les populations démunies ou victimes de conflits armés. Deux conteneurs de 40 m 3 viennent de partir pour Haïti. Cinq autres, en cours de préparation actuellement, seront acheminés vers l'Afghanistan fin septembre. « À condition toutefois que l'association soit en mesure de financer le transport », s'inquiète la présidente, Renée Vincent. D'où l'initiative d'organiser un concert pour mener à bien cette mission solidaire. Il sera consacré au Choeur de l'armée française.
Ce choix s'explique par le partenariat qui lie la CMCI et les soldats français de l'Onu présents dans les pays en conflit : sur place, les militaires répartissent les produits collectés dans l'ouest de la France par 600 bénévoles, en fonction des besoins les plus urgents ; tandis que des membres de l'association se rendent également sur le terrain pour évaluer le contenu des prochains envois.
Le concert est organisé exclusivement par la CMCI pour continuer ses aides humanitaires. Il marque aussi le 20 e anniversaire du travail effectué en lien avec l'armée et s'intègre dans le cadre des cérémonies officielles organisées pour le départ de l'armée de terre de Nantes.
Au programme, des oeuvres de musique sacrée ou profane, de Gounod, Verdi, Schubert, Berlioz, Mozart...
Mardi 25 mai, à 20 h 30, en la cathédrale Saint-Pierre de Nantes. Entrée 15 €. Rens CMCI, tél. 02 40 20 46 75
Le capitaine Christophe Barek-Deligny, du 3e régiment du génie de Charleville-Mézières, tué le 22 mai en Afghanistan par un "explosif improvisé", s'était porté volontaire pour former et encadrer des militaires afghans dans une OMLT (Operational Mentor and Liaison Team). Il se trouvait depuis fin avril dans la province de l'Oruzgan, l'une des plus chaudes actuellement en Afghanistan. Il y exerçait en tant que chef de détachement liaison de reconnaissance du génie, sous commandement néerlandais. Les 70 militaires français composant l'OMLT Oruzgan accompagnent quotidiennement un bataillon afghan dans ses missions opérationnelles. Un soldat néerlandais et un interprète afghan sont également morts dans cette attaque, et quatre autres soldats néerlandais ont été blessés.
Âgé de 38 ans, marié et père de deux jeunes enfants, Christophe Barek-Deligny était parisien de souche. Il était entré dans l'armée de terre comme appelé au contingent. Il avait effectué son service national au 4e régiment d'infanterie de marine de Fréjus. Volontaire service long outre-mer, il avait été affecté au régiment d'infanterie de marine du Pacifique en Nouvelle-Calédonie (RIMaP-NC) en mars.
Médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement
Le communiqué diffusé par l'état-major de l'armée de terre décrit la progression hiérarchique et ce "fort potentiel" qui lui permet d'être nommé sous-lieutenant de réserve en décembre 1999. Il décide aussitôt de s'engager en tant qu'officier sous contrat, catégorie peu médiatisée qui fournit pourtant des éléments de tout premier ordre à l'armée de terre. Affecté à Vincennes au bureau concours du Commandement de la formation de l'armée de terre (CoFAT), il est promu au grade de lieutenant le 1er décembre 2000. Nommé lieutenant d'active le 1er août 2002, il choisit de servir au 3e régiment du génie (3e RG - Charleville-Mézières).
Il effectue ensuite sa première opération extérieure au Kosovo (septembre 2003 - février 2004), avant de partir en Côte d'Ivoire quatre mois après son retour. De mai à septembre 2006, il repart au Kosovo où il est promu capitaine. En juillet 2008, il prend le commandement de la 22e compagnie d'appui de son régiment, qui le décrit comme "sportif confirmé et meneur d'hommes (...) montrant un goût avéré pour l'action et l'effort". À partir de 2009, il s'entraîne durant six mois pour partir en Afghanistan.
On notera que cet homme courageux avait reçu en 2005 la médaille de bronze pour acte de courage et dévouement, ainsi qu'un témoignage de satisfaction du ministre de la Défense, pour avoir sauvé un désespéré de la noyade dans la Meuse.