jeudi 20 octobre 2016

Studio Gabriel à Mostar

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MOSTAR (Bosnie) Etat Major de la DMNSE (Division Multi Nationale Sud Est) G3 CO

Les journées sont bien remplies au CO ... c'est une attention de toutes les minutes ... je me souviens que dès mon réveil, après la douche, je me dirigeais vers le Centre Opérationnel ... pas le temps à 5h30 du matin d'aller prendre mon petit déjeuner à la salle à manger ... Quand j'arrivais, le lieutenant Colonel M. était déjà là ... il m'attendait chaque matin comme ça .. content de me voir ... nous étions tous les deux de l'état major de Chalons alors forcément ça crée des liens ... j'allais dans la petite salle de repos où se trouvait la machine à café et je faisais deux cafés ... un pour moi, et je demandais de loin au colonel s'il en voulait un ... son signe de tête était un acquiescement ... le rituel était le même chaque matin ... nous buvions notre café avant que les autres cadres arrivent ... nous étions chacun dans notre emploi .. je savais quoi faire et lui avait un travail gigantesque .... la présentation matinale des travaux du CO au général commandant la DMNSE ! C'était une "grande messe" à laquelle je n'assistais pas ... son travail préparé, il s'enfermait avec l'adjudant Ch. qui lui préparait un PPS qu'il mettait en réseau pour la présentation au Général ... ça aussi c'était le rituel chaque matin ... et nous les rédacteurs du CO nous attendions fébrilement le retour de notre colonel et de l'adjudant pour connaître les directives du Général ...  
Tout le monde était au travail ... entre les communications du G2 (renseignements) des vidéos des agents sur le terrain filmant des mouvements de foule dans des villes hostiles à l'OTAN... entre les incendies, les accidents ou les visites d'autorités civiles (députés, sénateurs, généraux français commandant des Divisions)  J'ai eu aussi à recevoir des journalistes de presse locales françaises qui venaient rendre compte de la vie en OPEX des unités de proximité de leur titre ... j'ai donc reçu une fois des journalistes de l'Union de Reims et de l'Ardennais... et j'ai eu la bonne surprise de voir que je les connaissais car ils étaient venus nous voir à Sarajevo quand j'étais au Batgen... ils étaient également là à Bitche quand j'avais été décoré de la médaille militaire...
Donc les journée et les soirées étaient denses ... mais je me réservais le mardi soir ... mon colonel le savait et il me laissait la permission de m'éloigner ces soirs là ...
Pourquoi le mardi soir ?
Ces soir là j'allais chez les transmetteurs au studio Gabriel ... Les Transmissions assurent la liaison entre les différents Corps et Armes de l'Armée. Elles ont pour patron un messager célèbre : Saint Gabriel. Celui-ci fut choisi par Dieu pour descendre sur terre et annoncer à Marie : "Tu enfanteras un fils et il sera appelé le fils du "très haut". "  C'est le Pape Pie XII qui a confié, en 1951, le patronage des Transmissions à Saint Gabriel eu égard à la mission d'annonciateur céleste de ce dernier
Et c'est pour cela que la grande tente des transmissions s'appelait "le studio Gabriel" Il se déroulait là bas tous les mardis soir un super karaoké au cours duquel on chantait et on dansait pour décompresser...La chancelière Florence m'accompagnait et la petite Florence m'entrainait sur la piste dès qu'un titre l'inspirait ... et c'était "major on se le danse ?" c'était gentil ... et comme je n'ai jamais su danser ... elle me guidait .. quoique dans un slow pas besoin de savoir danser ... les transmetteurs nous connaissaient et ils annonçaient le titre en lançant " pour le G3
CO!!!"  J'avais compris ... les titres du groupe "il était une fois" sortaient tous les mardis soir ... c'était les préférés de Florence ...
Ces soirées me permettaient aussi, en tant que président des sous officiers de sentir la température des troupes ... car beaucoup de sous officiers de l'état major se retrouvaient là ...
On se quittait en pleine nuit en se disant à mardi prochain ... car en semaine on ne se voyait pas beaucoup ...

2 commentaires:

Alamac a dit…

Salut Francis,

Une bien belle histoire... De la manière dont tu la racontes, tu nous donnerais presque envie de "rempiler".

Amitiés.

Francis Praira a dit…

quand je me souviens de ces instants privilégiés, je revois la scène ... tout le monde en treillis en train de danser ... on avait tous la même tenue et on avait l'impression d'être dans un bal populaire... on était hors du temps !