vendredi 15 mars 2013

Coupes budgétaires au ministère : vers une nouvelle saignée dans les régiments de l’Est

Les propos du général Ribayrol, commandant de la Région Terre Nord-Est annonçaient déjà la couleur. Tout, dans son discours, laissait entendre qu’une vaste réorganisation des armées est en discussion.
Mais les interprétations que nous pouvions en faire relevaient jusqu’alors du simple ressenti. Après les révélations, hier par Le Point.fr , le doute n’est plus permis.
Une nouvelle saignée se prépare dans les bureaux du ministère de la Défense. Jean Guisnel, spécialiste Défense du Point , s’est procuré les deux scénarii qui devraient être étudiés par François Hollande lors du prochain conseil de défense, le 19 mars, avant d’être précisés le 26 mars.
Pour résumer, le meilleur est catastrophique et le pire apocalyptique. Le contexte économique rend impossible le maintien au même niveau du budget de la Défense, pesant 1,56 % du PIB et 31,5 milliards d’euros. L’hypothèse la moins pire implique la perte de 30 000 emplois dans les armées et de 15 000 autres dans l’industrie de la Défense. De nombreux programmes d’équipements seraient en effet repoussés. La deuxième hypothèse tourne autour de 50 000 suppressions de postes dans les armées et autant dans l’industrie militaire. Elle passe par la vente de bijoux de famille comme le porte-avions Charles-de-Gaulle, la fin de production du Rafale et une réduction du budget d’un tiers, soit dix milliards d’euros. Elle signifierait aussi la dissolution, toujours selon Le Point.fr , d’une trentaine de régiments. Loin de démentir ces informations, le ministère a évoqué dans la journée d’hier « de simples hypothèses de travail » et estimé qu’il n’est pas anormal de tout envisager, « y compris les pires hypothèses ».

Joutes politiques

En rappelant que sa zone bénéficie encore d’une importante concentration de forces alors que, pour contrecarrer l’ennemi, il faut désormais se tourner vers le Sud et plus vers l’Est, le général Ribayrol laisse entendre que le quart nord-est n’échappera pas à l’effort national. Ce qui laisse augurer d’intenses joutes politiques, notamment en Lorraine où on estime avoir déjà assez donné et où l’armée joue un rôle fondamental dans l’aménagement du territoire.
Mais avant d’en arriver là, plusieurs étapes doivent être franchies. Censé être rendu public fin avril, le nouveau Livre blanc dressera l’état des lieux géopolitique et la perspective stratégique globale qui en découle. Il sera suivi de la loi de programmation militaire, fixant le budget que la France souhaite consacrer à sa défense.
Viendra, enfin, la nouvelle carte militaire dont la Lorraine, et plus généralement l’Est de la France, ont tout à craindre.
Sachant que 54 000 postes ont déjà été supprimés lors du précédent quinquennat et au vu du succès de l’opération Serval au Mali, on aurait pu penser que le chef des armées avait saisi plus que jamais l’importance d’une armée forte. Il semble en être autrement. Le gouvernement maintient sa ligne de conduite, à savoir n’épargner de ses coupes budgétaires que deux ministères : l’Education et l’Intérieur. Les autres sont condamnés au sacrifice sur l’autel de l’austérité. Et la Défense semble être en première ligne.

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/03/15/vers-une-nouvelle-saignee-dans-les-regiments-de-l-est

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