mercredi 23 janvier 2013

Des antennes pour le Mali

Moments d’émotion hier matin, lorsque le colonel Thévenon a procédé à un dernier briefing pour ses treize hommes quittant le territoire français pour le Mali. Le chef de corps du 53 e régiment de transmissions de Lunéville a trouvé les mots justes : « Vous partez pour une mission exaltante, difficile et incertaine. Exaltante parce que vous partez en premier : on a tout à construire en tant que transmetteur. Difficile car l’ennemi est partout et ne nous fera aucun cadeau. Soyez vigilant que vous soyez au front ou en base arrière. Et incertaine, car vous partez pour quatre mois minimum. »
Avant de les laisser partir, le colonel Thévenon a serré les mains de chacun de ses hommes, leur souhaitant « Bonne mission ». Les plus jeunes, qui ne sont pas habitués aux opex (opérations extérieures), ont été un temps saisis par ces propos. Loin des plus aguerris, à l’image de Christophe (1), adjudant et chef de ce détachement. L’homme qui part comme spécialiste des fréquences radio savoure l’intérêt de cette mission : « Notre travail est valorisé : toute la préparation que nous faisons en France, avec une opération, c’est l’aboutissement. »
A 42 ans, il a déjà connu un départ précipité de ce genre : « C’était en 2006 pour le Liban. Quand on a assez d’expérience dans le domaine militaire, la famille est préparée. C’est plus délicat quand on est plus jeune. Mais un militaire qui s’engage connaît ses devoirs : il peut être engagé en tout temps et en tout lieu. » Ce qui est le cas depuis dix jours pour le 53 e RT. Si certains de ses éléments étaient en alerte Guépard pour renforcer le 28 e régiment de transmissions d’Issoire -ce qui signifie qu’ils pouvaient être amenés à partir en opex dans un délai maximal de 72 heures-, ce n’était pas le cas de tous, notamment de l’adjudant Christophe.
Un premier envoi de 34 Lunévillois spécialistes des transmissions est parti le 13 janvier, suivi deux jours après, par un second groupe de 20 personnes. « La spécificité de notre régiment de transmissions est de pouvoir mettre en place des systèmes d’information et de communication et le poste de commandement d’une force aéromobile, ce qui explique que nous étions dans les premiers engagés », souligne le colonel Thévenon, qui dirige ce régiment composé de spécialistes des réseaux, des satellites, des radios… mais aussi de conducteurs de poids lourds, de citernes…
Des hommes qui vont découvrir des conditions de vie plutôt rustiques : les tentes et les lits ne sont pas encore partis, priorité a été donnée fort logiquement aux équipements professionnels. Et pas d’internet pour communiquer avec leurs familles non plus : « Vous allez retourner à la lettre et au papier », les a prévenus le colonel Thévenon.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/01/23/des-antennes-pour-le-mali

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