lundi 9 avril 2012

En route pour l’Afghanistan

Ce matin-là, atelier consacré aux engins explosifs improvisés (ou IED dans leur jargon) au camp militaire de Valdahon. Le VAB (véhicule de l’avant blindé) s’est immobilisé. Il suspecte une menace IED (mines artisanales, explosifs, fils déclencheurs…). Par binôme, les soldats doivent sécuriser leur véhicule et le terrain proche dans un rayon de 5 m pour le premier et de 25 m pour le second. Des gestes, instruis par l’adjudant moniteur Fernandez, pas forcément instinctifs pour ces militaires du 6 e régiment du matériel de Besançon, plus habitués à la maintenance technique des équipements (postes radio, véhicules, armes…) dans leur caserne bisontine. « Cet atelier est essentiel car c’est celui qu’ils vont vivre le plus souvent », explique le colonel Christophe Gasançon, chef de corps du 6 e régiment.
En février 2012, ce 6 e régiment (140 hommes… et femmes, mais à peine 5, tous volontaires) a été désigné par le commandement des forces terrestres pour compléter le bataillon logistique (BATLOG) baptisé Koufra : services santé, mécanique-matériel, pétrolier, humain (nourriture, douche…) et transport (containers…). Il sera déployé à Kaboul, en Afghanistan, en octobre 2012, pour une durée de six mois.

Une préparation de huit semaines

Des soldats qui ne sont donc pas des combattants mais des soutiens logistiques de ces derniers. Pour autant, lors de cette semaine à Valdahon, première phase de préparation, ils ont reçu une instruction individuelle aux actes élémentaires du combattant. À travers cinq ateliers, chaque homme a atteint les prérequis demandés en matière de tir, de procédures radio, de secourisme au combat et de savoir-faire élémentaire (réalisation et déplacement de convoi, remorquage, pilotage d’un VAB…) sur un champ de guerre.
Ils vont ensuite passer trois semaines au camp de La Courtine (Creuse). Une 2 e phase collective puisqu’elle réunira pour la première fois le bataillon en entier. Il s’agira donc de générer un esprit de corps et de lui faire prendre identité.
La 3 e et dernière phase se déroulera au camp de Canjuers (Var). Le bataillon continuera son entraînement mais vêtu cette fois de l’équipement qu’il portera en Afghanistan. À savoir 20 à 25 kg sur le dos dont déjà 13 kg rien qu’avec le gilet pare-balles. « Cette période s’achèvera par une évaluation du bataillon pour mesurer son aptitude à réaliser ses futures missions. Si l’on détecte à ce moment-là qu’un soldat est vraiment trop fragilisé, à cause d’un événement personnel récent (divorce, décès…), il ne sera pas déployé et sera remplacé par un membre de la poule de régénération », explique le colonel Gasançon.
Peut-être même, selon les résultats de la présidentielle, que le bataillon tout entier ne sera pas projeté. « Pour l’instant, on se prépare avec rigueur. Si le futur président décide de ne pas nous envoyer, on n’aura aucun état d’âme. Notre devoir est d’obéir au chef des armées », conclut-il.

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