jeudi 31 mars 2011

« Faire éclater le système libyen »

12h30 Livraisons d'armes à la rébellion libyenne: «pas à l'ordre du jour» (Longuet)Le ministre de la Défense Gérard Longuet a assuré aujourd'hui que la livraison d'armes à la rébellion libyenne n'était «pas à
l'ordre du jour» car non «compatible» avec la résolution 1973 de l'ONU.Comme on l'interrogeait sur l'hypothèse d'une assistance militaire ou de
livraisons d'armes à l'opposition armée libyenne, le ministre a affirmé qu'une «telle assistance n'est pas à l'ordre du jour parce qu'elle n'est pas compatible avec la résolution 1973».De la même manière, a poursuivi le ministre de la Défense lors d'une conférence de presse, «la résolution ne permet pas aujourd'hui de troupes au sol».«J'applique la résolution» et «il n'y a pas de troupes au sol», a-t-il insisté.Plusieurs alliés, dont les Etats-Unis, se sont interrogés sur l'opportunité de livrer des armes aux rebelles. L'administration Obama a cependant assuré qu'aucune décision n'avait été prise pour le moment sur ce point. Evoquant par ailleurs la défection du ministre des Affaires étrangères libyen Moussa Koussa, M. Longuet a indiqué que «tous les pays de la coalition sont sollicités par de nombreux interlocuteurs qui ne sont pas dans le camp des insurgés». «Nous sommes très informés des états d'âme des premier et deuxième cercles autour de Kadhafi mais nous gardons confidentielles ces informations», a-t-il ajouté.

10h15 Libye: les jours du régime «comptés» après le départ d'un ministre Les jours du régime libyen «sont comptés» après la défection mercredi du ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, a déclaré jeudi l'ancien ministre libyen de l'Immigration, Ali Errishi, à la chaîne de télévision France 24.
10h L'opération«Protecteur unifié» de l'Otan a débuté ce matin

L'Otan a pris le commandement de toutes les opérations menées en Libye jeudi à 06H00 GMT, succédant ainsi à la coalition multinationale engagée depuis le 19 mars, a indiqué un diplomate allié.«L'opération Protecteur unifié décidée dimanche soir par les pays de l'alliance a officiellement débuté ce matin comme prévu à 06H00 GMT», a-t-il déclaré confirmant le transfert à l'Alliance atlantique des responsabilités des bombardements en Libye jusque-là assumées par la coalition menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.Sous l'autorité du grand quartier général allié en Europe, à Mons (sud de la Belgique), l'opération est dirigée du centre régional de commandement de l'Otan
à Naples (sud de l'Italie) par le général canadien Charles Bouchard.L'Otan avait commencé à assumer le contrôle partiel des opérations mercredi matin «avec un décalage d'une journée sur ce qui était initialement prévu, dû à la grande complexité» du transfert, «sachant que des dizaines d'avions, notamment sont engagés», a confirmé ce diplomate.

Edition papier du jeudi 31 mars
«Les responsables libyens vont constater l'impasse absolue dans laquelle les a conduit le colonel Kadhafi. Ils sont nombreux, parmi eux, ceux qui cherchent des contacts. Notre but est de faire éclater le système fermé libyen ». De passage, jusqu'à hier matin, sur le porte-avions français Charles-de-Gaulle, le ministre de la Défense n'a pas donné de délais quant à la durée de l'intervention française, au sein des forces de la coalition. « Afficher un délai, ce serait afficher une faiblesse », a-t-il déclaré. Pour lui, la présence aérienne alliée dans le ciel libyen est nécessaire. Elle permet de faire triompher « le droit contre la force utilisée par Kadhafi pour massacrer son propre peuple ».
Gérard Longuet a passé toute une soirée, une nuit et le début de la matinée sur le porte-avions. Il a eu le temps de visiter toutes les parties du navire et de s'entretenir avec les membres d'équipage. Au terme de sa visite, il a annoncé qu'il décernait, au nom du gouvernement, la croix de la Libération au Charles-de-Gaulle. L'ensemble des militaires en opération sur le navire pourront désormais porter la fourragère de l'Ordre des compagnons de la Libération.
Des commandos américains au sol
Gérard Longuet a pu constater, par lui-même, toute la complexité des tâches, sur le porte-avions, qui aboutissent au « catapultage » des chasseurs bombardiers. Le soir de son arrivée, plusieurs Super Étendard et Rafale ont décollé, armés, pour des missions en Libye. Quatre heures plus tard, ils sont revenus après avoir frappé de nouvelles cibles, dont un dépôt de munitions, à un endroit non précisé, secret défense oblige.
Le porte-avions est également un point d'observation privilégié pour suivre l'évolution de la situation au sol, en Libye. Ainsi, hier, les insurgés ont dû reculer, ce qui a été constaté par les avions espions. « Les forces d'opposition tiendront si elles ont notre appui aérien et si, d'autre part, elles sont armées », a estimé le contre amiral Coindreau, commandant de la « Task Force 473 », lequel révèle que les opposants libyens se trouvaient en situation difficile, notamment dans le port de Misrata. D'où le débat qui enfle sur la possibilité d'armer les insurgés. Un appui au sol, pour guider l'aviation, serait utile. Apparemment, les Américains ont déjà des commandos à terre, sur le territoire libyen. Sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, on attend la décision politique qui permettrait de les imiter.
Ludovic BASSAND envoyé spécial sur le Charles-de-Gaulle

http://www.estrepublicain.fr/fr/a-la-une-aujourdhui/info/4852214-Libye-Longuet-faire-eclater-le-systeme-libyen
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